Objectif :

L’objectif du parcours "Sciences de la Vision" du Master Ingénierie de la Santé est de donner des enseignements scientifiques fondamentaux et professionnels en sciences de la vision, aux opticiens titulaires d'une Licence Professionnelle d'Optique.

Cette formation unique en France, est en accord aux souhaits de la "Haute Autorité de Santé" (HAS) et offre une formation complémentaire qui s'intègre dans le schéma européen LMD.

Elle répond aux besoins de formation d’enseignants et de professionnels à un niveau supérieur (niveau bac+5) qui font suite aux décrets officialisant la réforme de la profession des opticiens publiés le 14/04/2007 au Journal Officiel, qui leur permet d’adapter les prescriptions d'équipements optiques dans le cadre d’un renouvellement.

Le niveau de cette formation est celui recommandé par l'European Council of Optometry and Optics (ECOO) et l'OMS; Il fait l'objet d'une reconnaissance aussi bien nationale qu'internationale, attestée par les accords existant avec l'Université de Montréal (Canada) et l'Université de Terrassa et de Murcia (Espagne; ERASMUS).

Pré-requis et conditions d’accès :

Le “Master Ingénierie de la Santé, parcours Sciences de la Vision”, délivré par l’Université Paris-Sud, est un diplôme national et un grade universitaire européen habilité par l’Etat. Il est organisé exclusivement à la Faculté des Sciences d’Orsay.

Le Master s’effectue en deux étapes : le Master 1 (M1) qui est un niveau mais pas un diplôme, puis le Master 2 (M2) qui permet d’obtenir le diplôme.

Pour vous inscrire administrativement au M1, vous devez impérativement être titulaire de la Licence Professionnelle d’Optique ou bénéficier d’une VAA (Validation des Acquis Académiques) si vous êtes titulaires d’une autre Licence ou d’un autre diplôme de niveau équivalent (au moins 180 ECTS).

Pour vous inscrire administrativement au M2, vous devez avoir obtenu le M1.

Conditions d’obtention :

Le Master est obtenu lorsque le niveau M1 et le niveau M2 ont été validés. Pour valider le M1 ou le M2, toutes les UE du niveau concerné doivent être acquises, c'est-à-dire que la moyenne de chaque UE est supérieure ou égale à 10/20.

Lorsque toutes les UE n’ont pas été acquises, le niveau M1 ou M2 peut être obtenu par compensation des UE (moyenne générale du M1 ou du M2 supérieure ou égale à 10/20). Néanmoins, les UE ont un seuil de compensation à 7/20 ou 10/20 pour certaines UE du M2. Si ce seuil n’est pas atteint le niveau M1 ou M2 ne peut pas être validé, même si la moyenne générale du niveau M1 ou M2 est supérieure ou égale à 10/20.

Débouchés professionnels et poursuite d’études :

Le parcours "Sciences de la Vision" bénéficie d'un niveau de reconnaissance importante de la part du milieu professionnel aussi bien en France qu'à l'étranger (Suisse, Belgique, Canada, Australie).

Les emplois occupés sont :

- Opticien spécialisé, compétent en optométrie, en optique de contact et en basse vision, et apte à prendre en charge les tâches liées au renouvellement d'équipement optique, dans le cadre du transfert de compétence définit dans la loi de 2007.

- Délégués commerciaux en contactologie, en matériel d'optique ou en verres.

- Assistant d’ophtalmologistes en cabinet privé ou en service hospitalier.

- Enseignant dans les établissements publics ou privés concernés par l’Optique, l’Optométrie et l’Orthoptie à un niveau L ou M.

- Chercheur en Sciences de la vision en laboratoire public ou privé.

Il est possible de poursuivre en doctorat, en particulier pour ceux qui envisage d’avoir une activité en Recherche-Développement ou dans l’enseignement supérieur.

Le parcours :

Le Master Ingénierie de la Santé parcours Sciences de la Vision de l'Université Paris-Sud est organisé par la Faculté des Sciences d'Orsay

Contenu de la formation :

„ Le Master 1 :

UE1

Médecine

2,5 ECTS

  

Semestre 1

  

UE2

Sciences Biologiques 1

5 ECTS

UE3

Dépistage en Santé oculaire 1

5 ECTS

UE6

Optométrie 2

2,5 ECTS

UE10

Environnement de travail

2,5 ECTS

UE11

Neurosciences de la vision

2,5 ECTS

UE12

Basse Vision 1

5 ECTS

UE15

Economie et Connaissance de l'Entreprise

5 ECTS

       

UE4

Dépistage en Santé oculaire 2

5 ECTS

  

Semestre 2

  

UE5

Dépistage en Santé oculaire 3

2,5 ECTS

UE7

Optométrie 3

5 ECTS

UE8

Contactologie 2

5 ECTS

UE9

Pratique Adaptation Complexe

2,5 ECTS

UE13

Basse Vision 2

5 ECTS

UE14

Anglais

5 ECTS

„„

Le Master 2 :

UE16

Optique Physique et Physiologique

2,5 ECTS

  

 

Semestre 3

  

UE17

Sciences de la Vision

2,5 ECTS

UE18

Sciences Biologiques 2

2,5 ECTS

UE19

Audition et acoustique

2,5 ECTS

UE20

Optométrie Pédiatrique

2,5 ECTS

UE21

Vision Binoculaire

2,5 ECTS

UE22 Optométrie et Contactologie Avancée         5 ECTS  
UE23 Pratique Professionnelle         5  ECTS  
UE24 Méthodes analyses et de traitement de données expérimentales

        5 ECTS

 
       

UE25

Stage et étude expérimentale  

Semestre 4

 

Les programmes des Unités d’Enseignements (UE) :

 

UE1 Médecine générale (2,5 ECTS )

 

Les notions de médecine générale enseignées ont pour but d’apporter les connaissances nécessaires à la compréhension de l’importance de la santé générale et  de la médication sur l’influence des défauts visuels,  sur leurs conséquences sur le système visuel, et à leur prise en charge optique.

Un médecin généraliste apporte son expérience et sa pédagogie aux futurs optométristes. Les pathologies enseignées sont la cardiologie, la dermatologie, l’endocrinologie, la gastro-entérologie, l’hématologie, la neurologie, l’infectiologie, la rhumatologie, la traumatologie. L’aspect optométrique est développé pour chacune de ces pathologies. Cet enseignement a pour but de faire le lien le corps humain et l'oeil, l'oeil étant une prolongation du corps humain.

La connaissance de l’existence des interactions médicales et médicamenteuses sur la physiologie oculaire complète les autres matières telles que la pharmacologie et la physiologie cellulaire enseignées dans le master 1.

 

UE2 Sciences Biologiques (5 ECTS)

 

L’objectif de cette unité d’enseignement (UE) est de fournir aux étudiants optométristes des connaissances de bases sur la physiologie des cellules, des tissus et des organes dans le but de les préparer au cours de médecine générale et oculaire, et au cours de neurosciences de la vision.

Cette UE se divise en 4 grands parties 1) la physiologie cellulaire, 2) l’anatomie de l’œil et de ses structures annexes 3) la pharmacologie et 4) les mécanismes biologiques de la sécrétion lacrymale.

 

Physiologie Cellulaire

 

Le cours de Physiologie cellulaire comprend trois grandes parties : 1) Structure et les propriétés de la membrane plasmique et organisation des compartiments intracellulaires ; 2) Les mécanismes d’échanges membranaires passif et actif ; 3) Les signaux électriques membranaires. L’objectif de ce cours est d’apporter aux étudiants les connaissances de bases nécessaires pour aborder ensuite les cours de pharmacologie et de neurosciences.

 

Anatomie

 

Le cours d’anatomie de l’œil se découpe en deux parties. La première apporte des éléments de connaissances en embryologie, sur la mise en place de l’œil durant le développement. La deuxième partie aborde la structure de l’œil développé proprement dite en exposant : La structure du globe oculaire: la rétine (sensorielle, ciliaire et irienne); l’uvée (Choroïde, l’uvée ciliaire et l’uvée irienne); la sclère (sclérotique); les milieux transparents (cornée, humeur aqueuse, cristallin et vitré); les cavités (chambre antérieure, chambre postérieure et chambre vitréenne) ainsi que, les strucutres annexes du globe oculaire: l’orbite; la musculature extra-oculaire; les paupières; les aponévroses orbitaires (capsule de tenon); le système et les voies lacrymales; la vascularisation et l’innervation du globe oculaire et de ses annexes.

 

Pharmacologie

 

La pharmacologiese divise en 2 parties: la pharmacocinétique et la pharmocodynamie. La pharmacocinétique décrit ce que fait le comportement de l’organisme vis à vis du médicament (absorption, distribution, métabolisme et élimination). La pharmocodynamie décrit le mécanisme d’action du principe actif sur les différentes cibles de l’organisme. L’objectif de ce cours est de donner aux étudiants des notions de base sur le médicament, pour leur permettre de comprendre les monographies du Vidal. Un autre objectif est d’aborder les stratégies thérapeutiques face à des pathologies oculaires fréquentes. Certains effets secondaires de médicaments, administrés de façon systémique ou locale, pouvant être observés lors de l’exercice professionnel sont aussi décrits.

 

Sécrétions lacrymales

 

Le cours Sécrétion Lacrymale comprend un rappel des connaissances générales sur l’organisation du système lacrymale chez l’homme ainsi que sur la structure et la composition du film lacrymal. Les processus biologiques à la base de la sécrétion ionique, aqueuse et protéiques sont ensuite abordés ainsi que les mécanismes leur régulation par le système nerveux. La dernière partie traite des conséquences des changements de la physiologie générale sur la sécrétion lacrymale.

 

UE3 Dépistage en Santé Oculaire 1 (5 ECTS)

 

Les cours dispensés dans l’UE 3 constituent la première des trois parties des cours de dépistage en santé oculaire. Les enseignants sont des optométristes et des ophtalmologistes. Dans un premier temps, les sujets traiteront les techniques de la biomicroscopie non enseignées dans le programme de la licence professionnelle d’optique : les méthodes d’observations ou la recherche de pathologies : l’effet Tyndall, von Herrinck…., l’angle irido-cornéen, l’ophtalmoscopie directe, la théorie de la biomicroscopie du fond d'œil sans dilatation, la technique d’observation du FO avec dilatation (BIO, 3 miroirs…), les différentes techniques de la tonométrie et de l’ophtalmoscopie binoculaire indirecte, de la gonioscopie.

Dans un second temps, plusieurs ophtalmologistes aborderons le fonctionnement du cristallin, son vieillissement, la cataracte et les différentes méthodes actuelles de sa chirurgie. Le dépistage et les traitements des pathologies telles que les uvéites, des conjonctives, de la cornée,   des paupières et du système lacrymal seront détaillées.

Un ophtalmologiste traitera ensuite les aspects médicaux et les traitements des conséquences oculaires du diabète, du glaucome standard et de l’hypertension artérielle.

 

UE4 Dépistage en Santé Oculaire 2 (5 ECTS)

 

Les cours dispensés dans l’UE 4 constituent la deuxième des trois parties des cours de dépistage en santé oculaire. Les enseignants sont des optométristes et des ophtalmologistes.

Des optométristes traitent les signes cliniques dépistages par l’optométriste du diabète, ses conséquences visuelles et les possibilités de prise en charge optique par l’optométriste, les réflexes pupillaires, le glaucome et l’interprétation des champs visuels, puis les maladies systémiques seront abordées.

Des ophtalmologistes traiteront la rétine, la macula (hors DMLA) largement traitée en BV, la rétine vasculaire, le vitré et la rétine périphérique, le nerf optique, d’autres neuropathies optiques. Les motilités oculaires, l’orbite, l’hyperthyroïdie seront développées.

Un chirurgien présentera les examens pré et post opératoires, les techniques et les complications des différentes chirurgies cornéennes en 2015 : réfractives, greffes cornéennes, kératoplastie lamellaire, cross-linking, implantation d’anneaux intracornéens.

 

UE5 Dépistage en Santé Oculaire 3 (2,5 ECTS)

 

L’UE 5 constitue la troisième et dernière partie des cours de dépistage en santé oculaire. Les enseignants sont des optométristes. L’un d’eux présentera un cours sur les anomalies congénitales chez les enfants et leur prise en charge par l’optométriste.

Les travaux pratiques représentent la partie principale de l’UE 5. Ceux-ci mettent en application la pratique clinique des principales techniques et des diverses observations étudiées dans le programme des UE3 et UE4. Les étudiants devront être ensuite capables de connaître et de pratiquer les méthodes d’observations et de dépistage des différentes pathologies traitées dans les enseignements de cette UE.

 

UE6 Optométrie 2 (2,5 ECTS)

 

Rappels Optométriques

 

Tous les tests optométriques seront revus dans cette partie de cours pour le non presbyte et le jeune presbyte: amnamèse, acuités visuelles, masquages, ponctum proximum de convergence, motilité, réflexes pupillaires, biomicroscopie, skiascopie, réfraction, phories dissociées, disparité de fixation, retard accommodatif, accommodation relative, réserves fusionnelles, flexibilités accommodatives... Les normes et la signification de résultats hors norme seront détaillés. Enfin les différents diagnostics amétropiques, binoculaires et accommodatifs seront définis et leur prise en charge les plus courantes seront abordées.

 

Optométrie Gériatrique

 

La population des plus de 60 ans a fortement augmenté ses dernières années, suite à l’amélioration de la qualité de vie, qui permet de ce fait un allongement de la durée de vie. L’objectif de cet enseignement est d’appréhender la vision des seniors. Pour cela, les différentes fonctions visuelles seront abordées, ainsi que leur évolution avec l’âge.  Les conséquences ou l’absence de conséquences des ces modifications visuelles seront répertoriées ainsi que l’action optométrique à mener. Les équipements à disposition selon les difficultés rencontrées par le patient seront détaillés.

 

Rééducation Visuelle

 

L’enseignement s’articule autour de la rééducation orthoptique (i.e. bilan et prise en charge) des principaux cas rencontrés en cabinet libéral. Après une revue des différents tests orthoptiques, la prise en charge de l’insuffisance de convergence et des différentes paralysies oculomotrices est abordée. Le vocabulaire spécifique à l’orthoptie est présenté.

 

UE7 Optométrie 3 (5 ECTS)

 

Optométrie adaptée à la pathologie et Optométrie pratique

L'objectif de cet enseignement est de réaliser un bilan optométrique suivi d’une prise en charge optométrique des patients pouvant être atteints de n’importe quel défaut de vision, d’accommodation et/ou de vision binoculaire. Les patients sont susceptibles d’avoir une pathologie oculaire ou systémique ayant des répercutions sur la vision (ex : sclérose en plaque, glaucome, cataracte, œdème maculaire etc…). Seront enseignés à cet effet les différentes pathologies oculaires et systémiques, leurs implications visuelles et pour chacune des pathologies seront répertoriées les aides optiques pour solutionner les plaintes : type d’ équipement, prismation, addition, lentilles de contact, équipement basse vision…

 

UE8 Contactologie 2 (5 ECTS)

 

Cette UE est constituée d‘enseignements complémentaires aux bases acquises en licence professionnelle d’optique ainsi que de nouveaux enseignements plus complexes en contactologie. D’une part, certaines notions sont approfondies telles que la topographie cornéenne et la pachymétrie, l’adaptation des lentilles souples astigmates sur mesure pour les forts astigmates, l’œil sec et le film lacrymal ; la presbytie est développée afin d’acquérir une pratique plus complète et d’être capable de prendre en charge toutes les corrections des presbytes. Le programme de licence en lentilles rigides sphériques ne permet d’équiper que les astigmatismes faibles à moyens. Les enseignements théoriques de cette UE concernent les lentilles rigides toriques internes, toriques externes et bitoriques. Ces enseignements permettront aux étudiants d’équiper tous les cas des amétropies liées à de forts astigmatismes réfractifs. D’autre part, des connaissances nouvelles des équipements plus rarement rencontrés comme ceux des aphaques, des déformations et irrégularités cornéennes dûes à des corneal-wargage, des traumatismes cornéens, des chirurgies réfractives ou des kératocônes, sont largement traitées en cours et approfondies par des cas de prise de décision en travaux dirigés. Un grand nombre de cas spéciaux sont traités. Les étudiants ainsi formés auront acquis les connaissances pour prendre en charge ces cas complexes dans leur future pratique professionnelle de la contactologie spécifique.

 

UE9 Pratique Adaptation Complexe (2,5 ECTS)

 

Il s’agit de mettre en application, au travers de travaux dirigés et de travaux pratiques, les connaissances acquises dans l’UE8 et en licence professionnelle d’optique.

Les travaux dirigés consistent en des exercices à l’oral et à l’écrit. Les études de cas pratiques de toutes les amétropies liées à des défauts visuels complexes ou à des pathologies. Un grand nombre de cas spéciaux sont faits afin de prendre en charge toutes les corrections des fortes amétropies. Les calculs et les raisonnements en lentilles rigides sphériques, toriques internes, toriques externes et bitoriques sont traités.

Les enseignements en travaux pratiques sont une application des enseignements théoriques. Ils consistent à entraîner à la manipulation des instruments, à la biomicroscopie, au choix des équipements et à leurs observations. Les étudiants ainsi formés auront acquis les connaissances pour prendre en charge les adaptations de lentilles de contact dans leur future pratique professionnelle.

 

UE10 Environnement de Travail : Eclairagiste et Colorimétrie (2,5 ECTS)

 

L’œil travaille mieux si les conditions d’éclairage sont adaptées. L’éclairage fait l’objet de normes et recommandations nombreuses et détaillées. Contrastes et couleurs entrent en jeu dans la conception des produits ou la signalisation. Ce sont des grandeurs mesurables. Les  enseignements de ce module abordent tous les aspects concernant l’éclairagisme et la colorimétrie.

 

Colorimétrie

 

L'objectif de la partie colorimétrie est de proposer un système de mesure et une caractérisation numérique de la lumière visible, en tenant compte des propriétés spécifiques du système de vision humaine. Le formalisme proposé exploite la relative simplicité du mécanisme sensoriel de l’œil pour poser les bases d'une étude scientifique de l'apparence des couleurs. Le cours introduit le cadre historique, continue avec la présentation des bases physiques de la couleur, et finit, à travers l'expérience fondamentale, avec la présentation des espaces colorimétriques CIE et uniformes.

 

Eclairagisme

 

Notions élémentaires : flux lumineux, intensité, luminance, éclairement, source orthotrope, contraste de luminance. Sources : corps noir, lumière naturelle, lampes, sources secondaires, les luminaires et leur classification. Normes et recommandations relatives à l’éclairement des lieux de travail.

 

UE11 Neurosciences de la Vision (2,5 ECTS)

 

L’enseignement de cette UE porte sur l'organisation anatomique, la physiologie, le développement et la plasticité du système visuel des mammifères. Il met l'accent d’une part sur les conséquences de cette organisation sur la perception visuelle de forme, de couleurs et de mouvements chez l'homme et d’autre part sur les bases organiques de certaines pathologies visuelles telles que l’amblyopie, la DMLA ou certaines autres formes de cécité.

La première partie du cours a pour objectif d’apporter des connaissances à la fois sur la rétine, organe de la capture et de l’encodage de l’information visuelle, et sur les cibles sous corticales des efférences rétiniennes. Les points abordés concernent : L’organisation du réseau neuronal rétinien – Les mécanismes biochimiques de la transduction du signal lumineux en un message nerveux – le codage des contrastes spatiaux, temporels et chromatiques contenus dans le message visuel – Le transfert en parallèle des informations Magno, Parvo et Konio-cellulaires vers le cortex visuel primaire, au travers du Noyau Géniculé Thalamique (CGL) – Implication du Colliculus Supérieur (CS) dans le contrôle de la motricité oculaire – Le contrôle nerveux de la constriction pupillaire et de l’accommodation – Le noyau supra-chiasmatique et les rythmes circadiens.

La deuxième partie aborde le devenir des informations visuelles dans la hiérarchie des aires visuelles corticales qui sont responsables des processus cérébraux à l’origine de la perception visuelle et des représentations internes. Chez le primate adulte ayant bénéficié d’une expérience visuelle postnatale normale le cortex visuel primaire (V1) reçoit près de 90% des afférences rétiniennes et sa lésion a des effets dévastateurs en termes de perception puisqu’elle conduit à une agnosie totale. Il est montré entre autres, que chacun des attributs de la scène visuelle telle la rétinotopie, la sélectivité pour l’orientation, la direction de mouvement et la fréquence spatiale est traité séparément de la rétine au cortex V1 et que cette ségrégation se caractérise au niveau cortical en particulier par l’existence de colonnes et de cartes fonctionnelles qui sont en interaction les unes avec les autres.  Au-delà de V1, il est montré que les informations visuelles progressent dans des voies visuelles parallèles (les voies temporale et pariétale) ayant des spécificités fonctionnelles distinctes pour la localisation ou la reconnaissance des objets.

La mise en place du système visuel pendant le développement ainsi que sa capacité de restructuration chez l’adulte font l’objet de la troisième partie du cours. La structure et la fonction visuelles sont immatures à la naissance. Si le développement embryonnaire permet la mise en place d'un système visuel inachevé, celui-ci est soumis une régulation postnatale lors des interactions précoces entre l'individu avec son environnement visuel. La notion de plasticité fonctionnelle est élargie à l'adulte car certains aspects de l'organisation corticale restent plastiques en dehors des périodes dites "critiques", permettant une réorganisation continue des réseaux neuronaux avec l'expérience. La nature dynamique de la circuiterie et du fonctionnement du cortex visuel sont importantes pour l'apprentissage perceptif et pour la compensation des fonctions sensorielles perdues lors de lésions du système nerveux.

Dans la dernière partie, le cours aborde la question du rôle des autres modalités sensorielles lorsque l’une d’elles est déficiente. On se focalise ici plus particulièrement sur le rôle de l’audition dans la compensation de la perte de la vision chez l’aveugle. Il est montré que les aveugles ont de bien meilleures performances perceptives auditives que les sujets voyants et qu’ils se localisent aussi, bien mieux dans l’espace. Les bases neurales de telles supra-performances sont abordées aussi bien au niveau de neurones individuels qu'au niveau de groupes de neurones (cartes corticales). Enfin, on aborde la question des méthodes réhabilitation innovantes développées actuellement dans le but pour redonner une vision aux aveugles. Ces méthodes sont l’utilisation des prothèses rétiniennes, des stimulations corticales ou du nerf optique, l’optogénétique, les thérapies géniques et les thérapies cellulaires.

 

UE12 Basse Vision 1 (5 ECTS)

 

Dévolu aux connaissances théoriques, l’UE BV1 pose le cadre de la déficience visuelle : comment elle se définit et quelle en est l’épidémiologie ; quelles en sont les causes et les symptômes ; quelle prise en charge optométrique peut-être proposée.

Ophtalmologistes spécialistes de la rétine, du glaucome, des atteintes de l’enfant et neuro-ophtalmologistes expliquent les différentes atteintes pouvant conduire à une déficience visuelle (physiopathologie, signes, symptômes, pronostic, traitements actuels et perspectives) et l’impact psychologique du handicap visuel est présenté par un psychologue clinicien.

Après avoir décortiqué les spécificités d’un bilan optique basse-vision et intégrer la lecture des principaux examens complémentaires en ophtalmologie, les différents types d’équipements (aides optiques, électroniques, informatiques et aides à l’adaptation) sont présentés.

Enfin, les étudiants sont sensibilisés à la législation française en matière de conduite automobile et d’aide au financement des aides techniques.

 

UE13 Basse Vision 2 (5 ECTS)

 

L’UE BV2 aborde la basse-vision sous un angle plus pratique.

Toutes les aides techniques sont manipulées par les étudiants qui envisagent successivement leurs applications, leurs utilisations, leurs avantages et inconvénients, leur constitution (optique géométrique) et leur montage afin de pouvoir guider efficacement leurs futurs patients déficients visuels dans le choix et l’adaptation de ces aides.

Les bilans optiques sont travaillés pour permettre aux étudiants d’appréhender toutes leurs subtilités : accueil spécifique, anamnèse complète et adaptée, choix et utilisation des chartes d’acuité visuelle, de lecture et du matériel d’examen, analyse des résultats, évaluation du besoin par activité souhaitée (contrastes, grossissement, fixation, balayage, ergonomie…) et propositions d’une prise en charge en conséquence.

Comme beaucoup de prises en charge en basse-vision nécessitent l’intervention de différents professionnels, des orthoptistes spécialisés, ergothérapeute et instructeur de locomotion viennent présenter leurs rôles et leurs apports dans ce domaine. C’est alors l’occasion pour l’optométriste d’envisager sereinement son propre rôle dans cette prise en charge pluridisciplinaire en travaillant les axes de communication en direction de ces autres professionnels (Compte-rendu notamment).

 

UE14 Anglais (5 ECTS)

 

L’objectif de cet enseignement qui est effectué oralement par petits groupes, en laboratoire de langue, par Skype ou par l’intermédiaire de travail en ligne, est d’acquérir une maîtrise de la communication scientifique et professionnelle en anglais dans le domaine de l’optométrie et des sciences de la vision.

 

UE15 Économie et Connaissances de l’Entreprise (5 ECTS)

 

Les objectifs pédagogiques et professionnels sont d’enseigner les fondamentaux de l’entreprise innovante, de réaliser une entreprise virtuelle qui favorise l’apprentissage du travail en équipe. Une place importante est donnée au développement personnel et aux facteurs subjectifs à l’origine du processus de création d’entreprise. Cet enseignement est exclusivement animé par des créateurs et chefs d’entreprise.

 

UE16 : Optique Physique et Physiologie (2,5 ECTS)

 

Optique Physique

 

Les différents phénomènes d'optique physique sont présentés de manière qualitative associés à des applications dans le domaine de la vision. 

- Diffusion de la lumière : diffusion de Mie, de Rayleigh, albédo, surface Lambertienne, application à la tomographie optique diffuse et à l'imagerie de la rétine (ophtalmoscope à balayage).

- Ondes lumineuses : relations entre le champ électrique lumineux et l'éclairement énergétique, application au calcul des reflets sur les verres 

- Polarisation : angle de Brewster, polariseurs, cristaux biréfringents, application aux lunettes de soleil 

- Diffraction et interférences : fentes d'Young, réseaux, interféromètre de Michelson, applications aux couches anti-reflets, aux lentilles diffractives et au principe de l'OCT (Optical Coherent Tomography)

- Fonction de Transfert de Modulation : définition de la PSF, de la FTM application à l'analyse des limites de résolution de l’œil et au filtrage optique.

 

Optique Physique des matériaux

 

- bases de la structure atomique et électronique des matériaux

- concept de photon

- bases de l'interaction photon-matériaux. Transparence, absorption, diffusion.

- luminescence, fluorescence, phénomènes d'excitation et relaxation optique

- photochromisme

- bases des propriétés mécaniques des matériaux (élasticité)

 

Optique Physiologique

 

 

UE17 Sciences de la Vision (2,5 ECTS)

 

Cognition Visuelle

 

Cet enseignement a vocation à introduire les principes théoriques et biologiques du traitement et représentation d’informations visuelles par le cerveau. L'accent sera porté sur le lien entre les processus purement perceptifs et les fonctions de plus haut niveau (i.e., cognitives) à l’œuvre lors de l’apprentissage de représentations mentales sous-tendant la boucle perception-action. D’une part, cet UE s’appuiera sur la présentation d’études et méthodes en psychophysique pour l’analyse des multiples processus perceptifs et sensoriels de la vision. Par exemple, les aspects liés à la sensibilité au contraste et au mouvement seront abordés. D’autre part, cet enseignement présentera comment les processus perceptifs visuels donnent lieu à des modèles internes de notre interaction avec l’environnement. Ces aspects à caractère plus cognitif seront analysés dans le cadre de la cognition spatiale, une fonction cérébrale de haut-niveau fortement dépendante de la perception visuelle. Par exemple, les mécanismes sous-jacents l’exploration visuelle d’un environnement nouveau, la capacité d’apprendre une carte mentale de l’environnement à l’aide de l’encodage d’amers visuels, et la capacité d’utiliser cette mémoire spatiale pour planifier les déplacements vers une cible seront présentés. Pour terminer, un troisième axe transversal de cet UE présentera comment les fonctions perceptives et cognitives dépendantes de la vision sont affectées par les changements physiologiques induits par le vieillissement visuel.

 

Vision des couleurs

 

La capacité à traiter l’information spectrale est une caractéristique des systèmes visuels les plus évolués et est à la base, chez l’homme, de la capacité à percevoir les couleurs. L’objectif du cours de vision des couleurs, est d’apporter des connaissances sur les processus physiques, physiologiques et psychique qui sont à la base du traitement de l’information coloré. 

Le cours dispensé se subdivise en 4 parties: (i) Nature physique des couleurs: Eléments de spectrographie et interactions entre lumière et matière; (ii) Bases physiologiques de la vision des couleurs: Pigmentation de la rétine et structures des champs récepteurs; (iii) Constructions psychiques de la perception des couleurs: Organisation des voies visuelles rétino-thalamo-corticales chromatiques ; (iv) Déficiences et Pathologies de la vision des couleurs: Origines et méthodes de diagnostique

 

Optométrie Pédiatrique (Organisation et Développement de l’Enfant)

 

L’enseignement concerne l’organisation et le développement de l'enfant ainsi que la présentation de méthodes d’examen de l’enfant de la naissance à l’adolescence. Notions de capacités et de besoins, Problèmes d’adaptation, de rendement et de développement. Les lois du développement. Les feedbacks: mode d’apprentissage. Schémas du développement. Schéma corporel. Développement de la posture. Schéma spatial. Développement de la vision. Bilan du développement. Entraînement Visio-moteur et ré-apprentissage Visio-moteur.

 

Optique de l’œil

 

La qualité de l’image rétinienne qui est à la base de la performance visuelle (i.e. acuité visuelle et sensibilité au contraste) est fonction de la diffraction (i.e. taille de la pupille), de la diffusion, des aberrations monochromatiques et polychromatiques. L’effet Stiles-Crawford et la taille des photorécepteurs ont également un impact sur la performance visuelle finale. L’utilisation de la simulation numérique de l’optique de l’oeil et de dispositifs d’optique adaptative est ensuite abordé notamment par le biais de l’optimisation d’optiques destinées à la correction de la presbytie (i.e. optique multifocale et bifocale). Le cours traite également de l’intérêt ou pas à corriger toutes les aberrations monochromatiques et la manière dont cela pourrait être fait. Pour terminer la notion d’adaptation corticale est présentée par l’intermédiaire de quelques résultats expérimentaux.

 

UE18 Sciences Biologiques 2 (2,5 ECTS)

 

Microbiologie

 

Le cours de Microbiologie a pour but de sensibiliser les étudiants au monde des microorganismes omniprésents dans notre environnement et dans notre organisme. Après un rapide tour d’horizon de l’immensité du monde microbien, le cours se concentre sur les spécificités de la cellule microbienne et de ses extraordinaires capacités d’adaptation à des environnements très divers. Dans la deuxième partie du cours l’accent est mis sur les notions de flore bactérienne et de bactéries pathogènes.  Les principes généraux sont présentés et quelques exemples des mécanismes moléculaires de la pathogénie sont décrits. Le cours se termine par un tour d’horizon des méthodes de désinfection et de lutte contre les infections.

 

Virologie

 

L’objectif de cet enseignement est de fournir aux étudiant les notions de base en virologie.

Un cours introductif général permet de présenter la structure et la classification des virus en fonction de leur mode de multiplication. Les cycles de multiplication de virus animaux particuliers (Herpès, Virus de l’immunodéficience Humaine et virus de la grippe) sont étudiés de manière plus approfondie pour mettre en évidence les aspects importants de la biologie des virus, incluant l’entrée dans la cellule, la réplication, l’expression des gènes et les modes de propagation. Les mécanismes d’échappement immunitaire et de persistence virale sont également abordés. La dernière partie du cours traite des moyens de lutte contre les virus (vaccination et anti-viraux).

 

Chimie des matériaux polymères

 

Après une introduction sous forme de généralités (notions de base, masse molaire, architecture, type de copolymères, classifications), les quatre états structuraux de la matière polymère sont présentés (configurations, conformations, interactions macromoléculaires, assemblage des chaînes), ce qui permet d’aborder les relations entre structures et principales propriétés des matériaux polymères (masse volumique, thermique, mécanique, classification des polymères selon leur utilisation).

Les formules chimiques des polymères sont expliquées grâce à la présentation des 2 grandes voies de synthèse des polymères. Quelques grandes familles de polymères obtenues par polycondensation-polyaddition sont présentées : polyesters, polyamides, polycarbonates et polyuréthanes. Les différentes étapes de la synthèse par polymérisation en chaînes (amorçage, propagation, transfert et terminaison) sont vues succinctement essentiellement pour la synthèse radicalaire avec comme application la préparation de lentilles de contact et de polymères utilisés dans le monde de l’optique.

 

Biochimie

 

Le cours de Biochimie a pour but de familiariser les étudiants avec les objets biologiques de bases afin de comprendre les mécanismes moléculaires de la perception d’un signal lumineux. Ce cours permet plus particulièrement d’acquérir les notions essentielles en structure et conformation des protéines, en enzymologie, en métabolisme, en biochimie des membranes et des lipides et enfin en structure et fonction des protéines membranaires. En fin de cours, l’intégration des connaissances acquises permet d’aborder la notion de transduction de signal au niveau moléculaire en développant plus particulièrement le modèle de la rhodopsine.

 

Immunologie

 

L’œil est un organe dit immunoprivilégié car serait volontairement ignoré par le système immunitaire. Au contact d’un agent pathogène ou suite à une blessure, conjonctivites et autres réactions inflammatoires peuvent toucher les paupières, la conjonctive.

Au cours de cette UE d’immunologie, sont présentées les différentes barrières permettant à l’œil et ses annexes de se protéger contre l’agression de pathogènes. Toutefois, une infection ou une allergie pouvant atteindre la sphère oculaire, le système immunitaire réagit alors plus ou moins rapidement, spécifiquement ou non afin d’éradiquer la menace microbiologique, sans atteindre la transparence de la sphère oculaire. Les étudiants peuvent alors faire le lien entre la composition de certains collyres et les défenses naturelles mises en jeu.

Enfin, nous abordons la mémoire immunologique au travers de la vaccination et de la constitution d’un répertoire d’anticorps ainsi que les lymphocytes T régulateurs mis en jeu dans le privilège immun.

 

UE  19 Audition et Acoustique (2,5 ECTS)

 

Ce cours associe approches physique et physiologique de l'audition.

Le cours d’acoustique aborde les points suivants : grandeurs fondamentales, propagation du son, spectre, grandeurs exprimées en décibels, niveau, pondérations, réverbération, absorption… Mesures, lutte contre le bruit, normes.

Concernant le cours sur l’audition nous décrirons les mécanismes périphériques et centraux de l’audition, l’effet de masque du bruit, la fatigue auditive, la surdité traumatique. L’effet de l’âge sur l’audition sera étudié. Enfin, le rôle du système vestibulaire sera abordé.

 

UE20 Optométrie Pédiatrique (2,5 ECTS)

 

Déficits Oculomoteurs et posturaux chez les enfants avec un déficit visuel

 

Environ, 2% des enfants de moins de 7 ans sont porteurs d’un strabisme (Williams et al., 2008) entraînant une perturbation de leur système visuel. Le strabisme est une déviation d’un œil par rapport à l’autre. On peut retrouver une déviation horizontale (convergente ou divergente), verticale ou mixte, qui peut être contrôlée par le sujet de manière partielle. De ce fait, il existe une multitude de strabismes, selon leur date d’apparition, l’origine du strabisme et les moyens de compensation.

Le transfert de l’information visuelle depuis la rétine jusqu’aux aires frontales est alors déficitaire, ceci a un impact sur les réponses motrices des muscles oculomoteurs et le traitement cognitif.

Ce cours s'intéresse dans un premier temps aux mouvements oculaires de saccades vers des cibles et de saccades réalisés pendant la lecture ainsi qu'aux mouvements de poursuites chez les adultes et les enfants porteurs d'un strabisme.

Dans un deuxième temps, ce cours portera sur l’étude de la posture chez les adultes et les enfants strabiques, ceci afin de montrer comment les sujets strabiques compensent leurs déficits visuels  

 

Physiologie de la vision/perception et ses déficiences

 

Dans une première partie, ce cours décrit le développement du cortex visuel dans les conditions normales de vision. La scène visuelle peut se décomposer en plusieurs attributs (position dans l’espace, orientation, vitesse de déplacement etc..). Il est montré que le système visuel analyse ces attributs séparément dès le niveau rétinien, jusqu’au cortex visuel à commencer par V1 qui reçoit 90% des afférences rétiniennes. Ces voies d’analyse sont décrites d’un point de vue anatomique et fonctionnel, du neurone aux cartes corticales. Il est montré en outre que tout ceci se développe progressivement avec l’âge, sous l’influence de facteurs génétiques et épi-génétiques, lesquels interviennent soit avant la naissance, soit pendant la période critique après la naissance. Dans une seconde partie, sont abordés les effets du strabisme sur les bases neurales de la perception visuelle décrites ci-dessus. Sont développées aussi les méthodes classiques et prometteuses pour le futur pour traiter un tel handicap visuel.

 

Développement des mouvements oculaires chez l’enfant sain

 

Ce cours traite du développent des structures corticales et sous-corticales qui contrôlent la performance des mouvements oculaires chez l’enfant et l’adolescent sain. Un développement oculomoteur approprié dans l'espace naturel est fondamental pour le développement cognitif normal de l’enfant. Plus en détail, nous allons étudier plusieurs types de mouvements oculaires (saccades réflexes et saccades volontaires, poursuites et mouvements de vergence) et leurs différentes structures générant la commande oculo-motrice. Dans une deuxième partie du cours nous présenterons des études comportementales des mouvements oculaires effectuées à l’hôpital Robert Debré sur une cohorte d’enfants et d’adolescents sains.

 

La lecture & oculomotricité chez l’enfant sain

 

Dans ce cours nous allons étudier la lecture et son interaction avec les mouvements oculaires (saccades, fixations et convergence). Rappelons que la lecture met en jeu deux procédures conjointes automatisées : l’identification des mots et l’attribution du sens (intégration sémantique et syntaxique). Nous allons voir les différentes modèles d’apprentissage de la lecture avec une attention particulière aux modèles cognitifs et visuels (Just & Carpenter, 1980; Morrison, 1984, O'Regan, 1990). Dans une deuxième partie du cours nous présenterons des études comportementales sur les mouvements oculaires pendant la lecture effectuées par notre et par des autres groupes de recherche européennes.

 

Déficits oculomoteurs et posturaux dans les troubles DYS, troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et troubles du spectre autistique (TSA)

 

Dans ce cours nous allons étudier les déficits oculomoteurs et posturaux chez les enfants et adolescents ayant une dyslexie, un déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et des troubles du spectre autistique. Plusieurs théories existent sur l’étiologie de ces pathologies, et elles seront présentées avec une particulière attention à l’hypothèse cérébelleuse. Des études comportementales montrant des déficits au niveau du contrôle oculomoteur et postural effectuées notre groupe de recherche à l’hôpital Robert Debré seront présentées et discutées.

 

Développement normal du contrôle moteur chez l’enfant et l’adolescent

 

L’homme oscille en permanence, son état d’équilibre correspond à la projection de son centre de gravite dans le polygone de sustentation. Le contrôle postural est assuré par l’utilisation des informations sensorielles (somesthésiques, visuelles et vestibulaires) qui sont ensuite intégrées par le cervelet puis traitées par le système nerveux central. Les aires corticales impliquées dans ce contrôle postural vont subir un changement au cours du développement en fonction de la maturation des réseaux neuraux (myélinisation, connexions synaptiques) mais également des expériences motrices (apprentissages, stimulations). Au quotidien, l’équilibre postural s’inscrit dans un contexte de double tâche avec une seconde tâche cogntive à réaliser simultanément. Ce paradigme de double tâche fonctionne selon un modèle d’interaction non linéaire. Ainsi, le contrôle postural se verra soit détérioré, soit amélioré selon la nature de la seconde tâche et le coût attentionnel qui lui sera alloué.

 

Déficits oculomoteurs et posturaux dans les troubles neuro-développementaux

 

Certains enfants avec troubles neuro-développementaux, comme la dyslexie et les troubles appartenant au spectre autistique, reportent un déficit dans leur contrôle postural et leurs mouvements oculaires, entrainant différents retards d’apprentissage. Ceux-ci proviendraient d’une utilisation non pertinente de leurs informations sensorielles ainsi que d’une mauvaise intégration cérébelleuse. Par conséquent, les stratégies sensorielles utilisées ne permettent pas d’assurer efficacement le contrôle postural. Les structures corticales impliquées présentent des différences par rapport à un enfant pour lequel le développement est physiologique. Les propriétés de remédiation cognitive permettraient, par des situations d’entrainement, de stimuler la bonne utilisation des informations sensorielles et solliciter les fonctions cérébelleuses afin de mettre en place de nouvelles stratégies motrices transférables en conditions écologiques.

 

UE21 Vision Binoculaire (2,5 ECTS)

 

Mouvements Oculaires - Physiopathologie des mouvements oculaires dans l’espace 3D

 

Ce cours concerne la motricité binoculaire dans l’espace 3D, son importance pour la vision et la perception 3D, mais aussi ses liens avec le contrôle et équilibre postural. Le cours met l’accent sur les mécanismes de neuroplasticité qui sont à la base de la mise en place du bon fonctionnement des mouvements oculaires et du maintien de la qualité de ce fonctionnement tout au long de la vie en dépit du vieillissement, lésions et maladies. L’objectif du cours est de fournir et aiguiser l’esprit de ses étudiants sur une démarche de réflexion scientifique et clinique basée sur la compréhension des mécanismes neurophysiologiques. Cet angle d'attaque est une voie d' excellence pour former des futurs professionnels de la santé visuelle. Après une revue de l’ensemble de l’oculomotricité (fonction de chaque type de mouvement oculaire, morphologie, stimulation et examen des mouvements oculaires en clinique), la saccade oculaire est étudiée (aspects morphologiques et fonctionnels, coordination binoculaire, neuroplasticité avec la controverse Hering Helmholtz, ainsi que la vergence (aspects morphologiques et fonctionnels, bases neurales, interaction saccade et vergence). Le développement de la motricité binoculaire chez l’enfant est abordée (dysfonctionnement et pathologies (strabismes, vertiges, dyslexies), diagnostic et prise en charge, effets des traitements (chirurgicaux, optiques, rééducation)). Sont étudiés également la neuroplasticité oculomotrice conjuguée, la neuroplasticité oculomotrice non conjuguée (rôle de la vergence), le lien entre les corrections optiques et la neuroplasticité oculomotrice, les méthodes innovantes de la rééducation oculomotrice basées sur la recherche, l’apport de l'enregistrement oculomoteur et l’oculomotricité binoculaire (vergences, phories et équilibre postural).

Le cours est par ailleurs accompagné par des exercices pratiques d’examen de l’oculomotricité, des vidéos de patients avec troubles oculomoteurs.

 

Stéréopsis

 

Le cours de l’UE Vision binoculaire comprend 2 parties : (i) la vision stéréoscopique et (ii) la localisation spatiale tridimensionnelle (3D).

La vision sétéréoscopique est abordée sous plusieurs angles. Les indices monoculaires et binoculaires sont détaillés, ainsi que la géométrie de la vision binoculaire. Le traitement neuronal par le cerveau est ensuite abordé à partir des données électrophysiologiques chez le primate non humain avec un versant théorique. Cette présentation au niveau cellulaire est complétée par les données plus globales obtenues par les approches d’imagerie cérébrale chez le primate humain et le primate non humain. Puis est abordé l’aspect développement post natal de la perception de la profondeur ainsi que ses substrats neuronaux. La localisation spatiale est basée sur la combinaison d’indices rétiniens et non rétiniens que l’on passe en revue. Leur traitement cérébral permet de comprendre comment on perçoit les objets dans l’espace à différentes distances et sous différents angles du regard. On expliquera également la nécessité de transformations de coordonnées rétinennes en coordonnées centrées par rapport à la tête ou au corps et les mécanismes corticaux sousjacents pour avoir une perception constante de l’espace tridimensionnel. Enfin on abordera quelques aspects de l’intégration et la fusion multisensorielle dans la localisation spatiale.

 

Strabisme

 

Le cours sur le strabisme est une introduction à l’approche sensorimotrice du strabisme. Les sujets abordés concernent des rappels anatomiques des muscles oculomoteurs, de leurs actions et de leurs champs d’actions ainsi que les tests associés sont abordés. Ensuite, les étudiants apprennent la physiologiques de la la vision binoculaire. La physiopathologie du strabisme est traitée au travers de la correspondance Rétino-Corticale Normale et Anormale. L’amblyopie est traitée (Définition, Dépistage, Traitements) ainsi que le strabisme (Les mesures des angles du strabisme, La verticalité dans le strabisme et Les syndromes alphabétiques). La classification des différentes formes de strabismes est étudiée ainsi que les syndromes de rétractions et les strabismes d’origine musculaire. Les étudiants sont sensibilisés au au nystagmus. La prise en charge des strabismes est étudiée d’un point de vue médicale et optométrique.

 

UE22 Optométrie et Contactologie Avancée (5 ECTS)

 

Contactologie Avancée

 

La contactologie comporte deux grands axes : le premier permet l’équipement des défauts visuels de la plupart des amétropies corrigées de façon satisfaisante en verres de lunettes, le second permet l’équipement des défauts visuels complexes pour lesquels les corrections en lunettes ne sont pas satisfaisantes ou des pathologies cornéennes ou visuelles pour lesquelles les lentilles de contact apportent une amélioration très conséquente de leur correction, ou encore sont à visée thérapeutique.

Les  types de lentilles spécialement étudiées dans cette UE permettent d’équiper les cas de pathologies chez l’enfant, l’adulte, le sujet âgé, les dystrophies et les cornées irrégulières (post-chirurgies greffes ou lasik), certaines maladies oculaires d’origine neurologiques (nystagmus). De nouvelles géométries telles que l’orthokéralogie  (réduction par remodelage cornéen)  sont enseignées sur la base de la connaissance de la topographie cornéenne. L’apport de la connaissance des lentilles hybrides (souples et rigides) et des nouvelles lentilles cornéo-sclérales permet également l’équipement et la prise en charge de cas en échec avec les lentilles traditionnelles. Les équipements spéciaux enseignés dans cette UE forment les professionnels à la prise en charge d’équipements complexes en lentilles de contact.  

 

Pratique Contactologique

 

Il s’agit de mettre en application, au travers de travaux dirigés et de travaux pratiques, les connaissances acquises en contactologie avancée.

 

Pratique Optométrique

 

L'objectif de cet enseignement est d’apprendre à réaliser un bilan optométrique en temps limité sur n’importe quel type de patient. Selon les cas rencontrés, les tests indispensables seront détaillés, afin d’en ressortir le maximum d’informations et d’éviter la multiplication des manipulations. Ainsi, l’étudiant se rapprochera des conditions de pratique professionnelle les plus communément rencontrées, avec un bilan amétropique, binoculaire, accommodatif et un dépistage en santé oculaire en 30 minutes.

 

UE23 Pratique Professionnelle (5 ECTS)

 

Cet enseignement fait appel à la synthèse de tous les enseignements reçus pendant les années de licence et de master. L’UE 23 est constituée de travaux pratiques et de travaux dirigés.

 

Pour la partie optométrie, il amène par cette synthèse à réaliser un bilan optométrique complet en temps limité représentatif de la pratique professionnelle rencontrée, quel que soit le type de patient, et à le prendre en charge d’un point de vue optométrique, mais aussi en collaboration avec d’autres professionnels (médecins généralistes, ophtalmologistes, orthoptistes, neurologues, endocrinologues, ergothérapeute).

 

Pour la partie contactologie, les étudiants reprennent les connaissances théoriques et la pratique des adaptations en lentilles de contact de leurs précédents enseignements en contactologie. L’UE 23 est de faire une synthèse de toutes les connaissances acquises afin que les étudiants soient aptes à prendre en charge d’un point de vue contactologique tout type d’adaptation en lentille de contact. Les professionnels ainsi formés devront savoir dépister la pathologie, maîtriser le choix et les contrôles des lentilles à essayer au sujet, connaître les limites physiologiques et/ou les techniques de ce qui est réalisable dans les adaptations complexes en lentilles de contact.

 

UE24 Méthodes d’Analyses et de Traitements de données expérimentales (5 ECTS)

 

L’objectif est de former les étudiants à l’analyse de données expérimentales issues du domaine de l’optométrie. Ce module a pour but de sensibiliser les étudiants à l'importance d'une approche statistique dans l'interprétation de données expérimentales. Il leur fournit également des notions de base et des outils simples (Excel, StatBox Pro) leur permettant d’acquérir une autonomie dans l’analyse et interprétation des données. Les points abordés dans ce cours sont notamment : plans d’expérience, populations, échantillons, comparaisons de proportions, tests paramétriques et non paramétriques de corrélation et de comparaison de moyennes, analyse de variance, analyse de Bland-Altmann…

 

UE25 Stage et Étude Expérimentale (30 ECTS)

 

Le stage obligatoire de 6 mois (30 jours en formation continue) est réalisé en entreprise, chez un ophtalmologiste, en service hospitalier, ou dans un laboratoire de recherche public ou privé travaillant dans le domaine de l’optométrie ou les sciences de la vision. Ce stage qui peut être fait en France ou à l’étranger a pour but de donner aux étudiants une réelle expérience de la pratique optométrique sur le terrain, en présence de clients ou de patients selon l’objectif professionnel de l’étudiant. Ce stage donne lieu à la réalisation d’un certain nombre de cas réels qui seront présentés sous la forme d’un recueil de cas. Une évaluation de la qualité de ces cas sera réalisée.

Durant le temps de son stage (en formation initiale) ou sur le lieu de leur activité principale (en formation continue), l’étudiant doit également réaliser un travail de recherche sur un sujet de son choix portant sur l’optométrie, l’optique de contact, la basse vision, le dépistage en santé oculaire ou les sciences de la vision. Cette étude fait l’objet de la rédaction du mémoire final (thèse de Master). L’évaluation finale du stage tient compte à la fois de l’appréciation attribuée au stagiaire par son maître de stage, de la notation du mémoire écrit par un rapporteur externe et de la présentation oral du travail expérimental qui a lieu en présence d’un jury, à l’issue de la formation. Chaque année, les meilleurs travaux sont retenus pour être présentés sous forme de communications scientifiques dans des congrès nationaux ou internationaux.